21.03.14

Traces Tissées ©APhR, génèse

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Traces tissées (présentation)

    Le signe ... le sens ... à partir de quel moment un trait devient-il trace, signe de quelqu'un ?...

    Le dessin, l'écriture … où est la frontière ? À quel moment des tracés deviennent-ils  écriture, signes porteurs de sens ?...

    Deux interrogations qui me troublent régulièrement, réactivées quand j'entends : «il ''faut'' que tu signes » et accompagnées de cet étonnement sous-jacent : tous ces traits, ces points, ces signes posés là sur la feuille, issus de moi, n'en disent-ils pas assez ? N'est-ce pas déjà assez signé ? Quatre lettres facilement imitables seraient plus représentatives de moi ?
    Depuis aussi loin que je me souvienne, je dessine, le plus souvent en noir sur fond blanc. S'il peut m'arriver de mêler quelques mots à des dessins ou des collages, ce n'est pourtant pas dans ces mots-là que je peux éprouver la sensation d'avoir écrit mais bien plutôt dans ce qui se révèle quand pour un dessin je laisse filer sur le papier un rotring ou une plume chargés d'encres, d'émotions et de vécu.
    Cette perplexité sur le véritable lieu de l'écriture s'est si souvent infiltrée dans ma tête, m'accompagne si souvent, si souvent a forcé plus loin mes pensées, que j'ai décidé d'en formaliser quelque chose en y consacrant un travail particulier.
    C'est ainsi qu'est arrivé « Traces tissées » : 12 dessins non-abstraits, des mots en suspension sur tarlatane et organdi, des transparences, une installation aérienne, des ateliers et un livret.

installation TT bourg

 Génèse

12 dessins en premier ...

Automne 2012, d'indignes couacs de la vie et de quelques personnes autour de moi me remplissent de triste colère. Le moral en berne, j'ai des aspirations de travail à la plume, de traits rapides et griffus, de crissements sur la feuille, de petits formats vite envoyés. J'abandonne un temps le rotring et prends le parti de laisser sortir, ne pas diriger. Suivre l'injonction brute, le geste spontané, ... Je ferai un dessin par jour jusqu'à épuisement de l'envie. Des dessins/tracés qui n'auront rien à représenter ... du moins, je l'ai cru.
Dès le 3ème ou 4ème jour, vient s'imposer cette idée : la série sera de 12 . Pourquoi 12 ? les 12 travaux d'Hercule ? les 12 mois de l'année ? 12 oeufs ? je suis née un 12 ?... dessins faisant, j'y penserai. 12 ? Je sais simplement et avec certitude qu'au 12ème dessin, la série sera terminée.
Dans les premiers jours, les traits sont griffures, déchirures, noirceurs... Puis progressivement je les sens s'assouplir, s'organiser, tisser un espace dans lequel s'installent des désirs de matières plus sensuelles. Exit rage et colère. Place à l'apaisement. Au 12ème dessin, me voilà effectivement arrivée au terme du passage, rien à ajouter.
La série terminée et alignée, je la regarde et m'amuse d'avoir cru ne rien représenter alors que se lit là, chronologiquement, l'évolution de mes états d'esprit de ces 12 jours. Dans les premiers dessins ravagée, je me vois modelant les derniers apaisée.
C'est pourquoi, un temps, j'ai appelé cette série "les serpillières"... dualité : une serpillière pouvant être une gueille, une loque qu'on peut piétiner mais aussi une toile qui éponge, qui nettoie, qui absorbe.
En écho, l'idée me vient de présenter chaque dessin sur un rectangle de toile à tissage apparent, que je découpe dans des torchons en lin.
Pour faire honneur à la transparence _ celle qui fait trans-paraître du sens et de la personne avec tellement d'efficacité et de clarté _ j'ai choisi d'enserrer chaque pièce entre 2 plaques de verre de format carré.

Puis les "serpillières" ont été exposées, 2 fois, dans des présentations qui ne me satisfaisaient pas. La sensation de quelque chose de pas encore abouti ... Dans ces cas-là, on laisse reposer dans les cartons, laisser du temps ... Mais j'en retiens alors et surtout cet étrange et familier constat essentiel : la clarté de ce qui s'est inscrit dans l'entrelacs des lignes, ce qui s'y est dit, s'y est raconté, s'y est écrit et me parle.

 

Outils et matières ...

Jusques-là, les rotring ont été mes outils de prédilection, depuis des années, avec des encres de chine le plus noir possible sur papiers blancs. L'intrusion soudaine de la plume amène des sensations plastiques inhabituelles pour moi, des nécessités de gestes nouveaux, des besoins de supports autres. C'est ainsi que s'introduisent tout naturellement sur ma table papiers calques froissés, rendus sensuellement cassants pour avoir été humidifiés, papiers japonais, kraft, tissus et intissés... Je dilue des encres, noires mais aussi ocres ou de sienne : lavis et taches rentrent dans l'orthographie des dessins réalisés dans les mois suivants.
L'exploration du travail à la plume a parallèlement ouvert la porte à d'autres outils : pinceaux, divers calames taillés dans des roseaux de jardinerie, cure-dents et autres outils-graphes découpés dans des boîtes de conserve, tous par ailleurs outils liés à la... calligraphie.

 

de "serpillières" à "Traces tissées"

Fin juin 2013, ma réflexion sur les ambivalences dessin/écriture dans mes travaux à l'encre est réactivée par le thème d'une exposition pour laquelle j'ai reçu un appel à candidature: "Art et Écriture". C'est le moment d'en faire (d'en dire) quelque chose. La série "serpillières" sort des cartons, s'impose comme un élément symbolique illustrant cette ambivalence, élément nécessaire qui prend sa place dans un ensemble plus vaste dans lequel je ne veux pas dissocier écriture/expression de soi, écriture/calligraphie, dessin/graphie, dessin/expression de soi.
Dans "écriture" j'entends tout mêlé :
- écriture/utilisation de signes conventionnels pour représenter une idée,
- écriture/acte manuel de former des signes, graphie dans laquelle chacun laisse une trace particulière, son empreinte,
- et écriture/expression très personnelle de quelqu'un qui donne à voir plus ou moins intentionnellement une part de lui-même.
Aussi des mots écrits, dessinés au pinceau sur des lés de tissu, viennent-ils s'ajouter aux 12 dessins premiers. Il est possible de regarder ces mots comme textes dans leur présentation horizontale des bandes d'organdi de l'arrière-fond. Mais leur nature "signes révélateurs de sens" est aussitôt estompée derrière les bandes de tarlatane du premier plan sur lesquelles ils apparaissent en lignes verticales puis ces bandes retournées pour qu'alors soit perçue la nature esthétique particulière de ces tracés. Tout est fusionné dans une installation où le regard peut aller et venir sans ruptures du dessin à l'écriture, du graphisme au sens (aux sens ?).

Une transparence (ce qui fait paraître à travers, ce qui laisse deviner) se manifeste toujours dans mes réalisations, qu'elle soit le résultat d'une intention volontaire ou la résurgence inconsciente d'un récit intime.
Aussi ai-je utilisé le verre, ce choix de tissus diaphanes, l'évidence du format carré, la légèreté apparente du dispositif comme autant de métaphores de ce phénomène.

ambigïté des niveaux dans la compréhension du mot "écriture" = allusion (référence) scribe -feuille blanche et parchemin// roseaux-calames

sens propre et sens figuré : traces tissées

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Posté par a philomene à 07:15 - Permalien [#]