Plus difficiles à "lire", mais se déroulant selon semblable scénario, sont les œuvres en noir et blanc d'Anne PhilomèneROLLIN, à l'encre de Chine, avec plumes, pinceaux, etc. Il semble bien que, dans ces œuvres d'une composition autre que les précédentes, l'artiste propose à chaque fois, un récit double, avec deux niveaux à considérer : Le "lieu" sorte de huis clos, et l"'aventure" subie par la femme. Composition étrange, donc, sorte de défi lancé au visiteur, qui consiste à rendre "lisible" ou au contraire difficilement lisible, voire illisible, l'histoire offerte dans le tableau.
Ainsi, de l'œuvre intitulée "Spirale", dont le centre est un énorme escargot d'où s'échappe, en corolles successives, une sorte de corne d'abondance sur la coupe terminale de laquelle est allongée une femme, les yeux clos, paisible. Tandis que, près de la bouche de l'escargot, se trouve un personnage masculin de dos, accroupi, le visage entre les genoux ; son allure écrasée suggérant qu'il pleure ? Et, entre les deux, en filigrane dans le fond piqueté de milliers de minuscules points, un homme de dos, debout, nu. Qui sont ces trois personnages ? Quel rapport y a-t-il entre eux ? Entre la femme et l'homme accroupi, séparés par la partie antérieure du pied de l'escargot ? L'homme en filigrane personnalise-t-il le premier, ou est-il quelqu'un d'autre ? Un ami ? Un rival ? Et chemine-t-il pour rejoindre la femme ? Et, puisque parvenue au sommet de la spirale, elle est apparemment sereine, est-ce parce qu'elle a –finalement- "gagné", échappé au carcan dans lequel elle était enfermée ?